vendredi 22 mai 2015

LE BERGER

Tel le forgeron ou le tisserand, le berger appartient à ces métiers vieux comme le monde . En effet, le mouton, animal du pauvre et signe de puissance des gros cultivateurs, était élevé partout en France ! Pour autant, on ne s'improvisait pas berger . S'inscrivant dans une tradition millénaire, le métier de gardien de troupeau relevait d'un véritable sacerdoce ....

Si les pastorales donnent du berger une vision idyllique, la réalité est tout autre ! Bergères passagères qui durent le temps d'une saison, bergers communaux, berger de transhumance, berger de parc ..., tous assument une lourde responsabilité et un travail harassant . Certains mènent une vie autonome dans les montagnes, d'autres restent dans la plaine, à la ferme, intégrés à la vie des paysans . Dans les landes des pays bocagers, sur les marais littoraux, dans les pâturages des montagnes, dans les garrigues méditerranéennes, dans les chaumes des opendields : autant de pratiques différentes . Le plus souvent, le berger reste un pauvre parmi les pauvres, gagnant un maigre salaire . Respecté pour ses connaissances, mais aussi considéré avec méfiance, le personnage est emblématique, pour le moins symbolique .....


LE BERGER, UN HOMME A TOUT FAIRE


ccompagné de son chien, vêtu d'une vaste pèlerine pour se protéger des intempéries, muni de sa traditionnelle houlette et, plus tard, de son parapluie, le berger va au milieu de ses moutons, partageant jusqu'à leurs odeurs ! Etre "gouverneur de bêtes à laine", c'est exercer plusieurs métiers à la fois, hériter d'un savoir ancestral qui se transmet de père en fils, de maître en apprenti berger . Il s'agit de connaître la meilleure façon de loger son troupeau, de le nourrir, de l'abreuver, de l'améliorer, de faire le lavage, voire la tonte de la laine . Longtemps vétérinaire, doté de quelques produits et ustensiles médicaux, il soigne les maladies les plus communes, pratique castration, amputation de la queue, saignée et autres opérations de petite chirurgie, et aide à l'agnelage . Courageux, il défend ses bêtes contre les attaques des loups, des ours, des chiens errants ...ou des voleurs ! Pour cela, il s'aide des chiens de défense et, plus tardivement, d'un fusil . Enfin, s'ajoute parfois la fabrication du fromage, qu'il vend aux marchés et foires d'automne pour compléter ses revenus sur le lait et la laine .


LA TRANSHUMANCE, L'ACTIVITE PASTORALE PAR EXCELLENCE


Jusqu'au Moyen Age, la transhumance (du latin trans, au-delà, et humus, pays, région) n'est pas une pratique courante . Cheminer seul sur les routes est dangereux . Comme par ailleurs la taille des troupeaux est modeste (on consomme peu de viande), chaque éleveur arrive à nourrir ses bêtes localement . C'est l'augmentation de la taille et du nombre des troupeaux qui nécessite le besoin de trouver de nouveaux pâturages en haute montagne, quand l'été, l'herbe se fait rare en plaine . Dans le Sud, le phénomène de flux et de reflux saisonnier " à la poursuite de l'herbe" prend alors toute son ampleur . Les bergers des transhumances dorment à la belle étoile, dans des cabanes de bois ou de pierre, parfois des cabanes portatives ....Ce sont tantôt des bergers communaux ou intercommunaux, tantôt des bergers engagés par un patron, lors de foires ou louées .


LE PETIT BERGER EN DANGER ?



L'élevage de mouton ne cesse de croître . Il s'agit de mieux répondre à la demande en laine et en viande, mais aussi de fertiliser les terrains labourables par des parcs mobiles . On améliore les espèces, et on augmente les prairies artificielles . Pourtant, peu à peu, propriétaires et bergers perdent de leur influence . La modernisation des élevages est en route : ce sont les premiers convois de moutons par chemin de fer, puis la généralisation du transport routier des bêtes dans les années 1950 . L'introduction du fil de fer autour des parcs porte un autre coup au berger traditionnel, même si un bastion garde le bâton .



Berger picard


Métayer et bergers des Landes 


La bergère des alpes 







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