dimanche 6 octobre 2013

LES DIPLOMES

A force d'entendre dire qu'"avant" le monde était peu alphabétisé, on a parfois l'impression que nos ancêtres étaient analphabètes . Pourtant, nos centenaires parlent sans faute de français, d'accords ou de concordance des temps . L'école gratuite, laïque et obligatoire existe en effet en France depuis exactement cent vingt ans : soit quatre générations .


LA RÉVOLUTION DE JULES FERRY


A la fin du XVIII ème siècle, l'analphabétisme avait régressé . En témoignent notamment les registres de mariage et de baptêmes, où plusieurs ancêtres ont su apposer leurs signatures à partir de 1750 . Mais il demeurait encore le fait d'une majorité . Ce n'est qu'avec Jules Ferry que la situation va changer . Positiviste et anticlérical, ce dernier multiplie les lois alors qu'il est ministre de l'Instruction publique, ancien nom du ministère de l'Education nationale : de février 1879 à novembre 1881, de janvier à août 1882, février à novembre 1883 . Ses principales mesures constituent une véritable révolution . Elles instaurent le caractère obligatoire de l'enseignement primaire (loi du 28 mars 1882), ainsi que la gratuité et sa laïcité, alors que l'église et l'Etat ne seront séparés qu'en 1905 ! Dans un monde essentiellement catholique et rural, le ministre dut toutefois faire des concessions : il prévoit ainsi des congés correspondant aux fêtes religieuses (Noël, Pâques)et aux travaux des champs (moissons de juillet-août, vendanges de septembre) . D'où les "trois mois de vacance", les classes ne reprennent que le 1 er octobre .....


L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE


Jules Ferry fit former nos centenaires actuels par les instituteurs en blouse grise, sortis des écoles normales, ancêtres des actuels IUFM (instituts universitaire de formation des maîtres) . Ces instituteurs et institutrices exerçaient leur sacerdoce dans des écoles neuves de briques rouges aux frontons sculptés : "École de Garçons", et, de l'autre côté du logement du maître, "École de Filles". Derrière les grilles qui protégeaient "la cour des grands" et celle "des petits", et devant le préau sous lequel on les photographiaient annuellement, assis au milieu de leurs élèves debout, maîtres et maîtresses incarnaient à la fois le savoir scientifique et la rigueur morale, au point que les rapports entre l'instituteur et sa femme étaient recommandés par "la hiérarchie" dans la nuit du mercredi et du samedi seulement, car les classes vaquaient le jeudi et le dimanche ! Du fait de l'analphabétisme ambiant, maîtres et maîtresses se retrouvaient de facto "des notables" . Ils faisaient aussi souvent office de secrétaires de mairie, enregistrant les mariages et les naissances .
  • Lecture, calcul et morale républicaine
Bonnets d'âne, mise au coin, coups de règles en fer sur les doigts alternaient avec les "bons points", tandis que l'on apprenait à lire et écrire à la plume sergent-major, trempée à droite (malheur au gaucher!) dans l'encrier de porcelaine blanche rempli d'encre violette . Les instituteurs enseignaient aussi le calcul, un peu de dessin et de chant, un peu de gymnastique, et beaucoup de morale républicaine érigée en nouveau catéchisme . Assis sur son banc de bois relié au pupitre incliné qui renfermaient ses livres, l'enfant apprenait "par cœur" des fables de la Fontaine, des tirades de Racine et de Corneille, particulièrement appropriées au temps d'après défaite de 1870 : "Mourir pour la patrie est un si digne sort, Qu'on briguerait en foule une si belle mort" (Horace) . Alors que les cartes de géographie représentaient l'Alsace et la Lorraine en couleur bleu de Prusse, on inculquait aux petits hommes qu'il faudrait mourir pour les reprendre aux Prussiens, car Clemenceau tonnait contre Ferry, alors passé aux Affaires étrangères : "J'ai perdu deux filles (l'Alsace et la Lorraine) et vous m'offrez vingt esclaves (Madagascar et le Tonkin) .
  • Jusqu'au certificat d'études
L'immense majorité des enfants du XIX ème siècle n'allait pas au-delà du certificat d'étude, dont s'enorgueillirent tant de parents flattés et émus  . Cet examen créé en 1874 sanctionnait la fin des études primaires . Généralement, l'enfant devenait ensuite paysan comme son père, ou maréchal ferrant, cordonnier, matelassier . Jules Ferry, aidé de Ferdinand Buisson, s'intéressera toutefois à l'ensemble du monde scolaire .


L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE


Le mot "baccalauréat" vient du latin laureare ("couronner de lauriers"), d'où la couronne de laurier qui figure souvent comme ornementation du diplôme . Il existait déjà au Moyen Âge, les étudiants pouvant être alors bachelier és lois, bacheliers ès droits et bacheliers ès lettres . Il réapparaît après une longue éclipse le 17 mars 1808, recréé en quelques sorte par Napoléon . C'est alors le premier grade universitaire . Mais, au début du XIX ème siècle, les bacheliers sont très peu nombreux ; la première promotion, celle de 1809, ne compte que trente et un diplômés pour toute la France !

 
 
 
 





 







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